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vendredi 14 juillet 2017

Tableau de classe : noir, bleu, blanc ou vert ?



 



Au nom d’Allah Clément et Misericordieux

Le Coran est aussi mode de visualisation et modélisation des connaissances. Il propose des Mathal.des modèles. Mais avant d'en venir là je propose d'étudier la manière dont les tableaux de classe dans les écoles modélisent l'esprit de nos enfants

C’est par un tableau que commence l’enseignement. Mais de quoi parle-t-on quand on parle de tableau ?

 Pour commencer le mot tableau désigne dans l’usage commun ce carré de bois, de toile ou de toute autre matière sur lequel un être humain, un artiste, reproduit une scène, une figure ou représente quelque chose. L’essentiel du tableau d’artiste est qu’il s’agit d’une œuvre élaborée avec des couleurs et des matières variées. Par suite,  on parle de tableau lorsqu’on évoque un ensemble de données réunies et assemblées lesquelles sont censées faire sens.

Le premier sens n’est pas si éloigné du second dans la mesure où les couleurs du tableau pictural constituent en elles même un ensemble de données même si leur combinaison n’est pas codifiée mais laissée à la libre interprétation de l’artiste et de l’observateur. Dans un cas on a donc un ensemble de données dont l’interprétation est libre dans l’autre un groupe de donnée dont l’interprétation est socialement et culturellement commandée :ex Tableau statistique, synoptique, synchronique, chronologique, représentatif, économique, d’avancement, indicateur, généalogique, clinique,  de marche des trains, de prix, d’ensemble, d’un ordre quelconque (qu’il s’agisse de celui des avocats ou celui des médecins ou des pharmaciens), de conjugaison, des ressources, des événements, des entrées et sorties, d’un inventaire ou d’une comptabilité, etc. Le nombre d’expressions incluant le mot tableau est certainement beaucoup plus étendu que cela.

Il y a ensuite des sens figurés : on parle d’un tableau vivant, changeant, d’un tableau optimiste,  pessimiste, complet, d’un tableau de situation, du tableau d’un acte au théâtre (on dit par exemple une œuvre en plusieurs tableaux), on dit aussi qu’il y a une ombre au tableau ou qu’ Il manque quelque chose au tableau, on parle  de faire le tableau de quelque chose ou d’une situation, etc. il s’agit toutefois  toujours d’une question qui porte sur la nature ou l’état ou la signification d’un ensemble de données et de leur description ou de leur présentation. 

Un tableau c’est  aussi une histoire qui se raconte. On brosse un tableau. On décrit un tableau, etc. Dans la mesure où l’être humain s’exprime fondamentalement sous le mode du récit (ne serait-ce que parce qu’il est lui-même une histoire avec un début et une fin) cela semble tomber sous le sens. L’histoire des hommes étant par définition constituée de plusieurs séquences (je pense par exemple au titre de film 3 vies et une mort ) on peut ainsi concevoir qu’on puisse la raconter en plusieurs tableaux, chacun se limitant à l’exposé d’un épisode ou d’une période.

 De même les actions des hommes, leurs intentions, leurs choix peuvent être exposés sous la forme de tableaux : on entendra par exemple quelqu’un dire qu’il a joué sur plusieurs tableaux ou gagné sur un ou  plusieurs tableaux, c'est-à-dire dans une projection de choix ou dans plusieurs.

Ensuite un tableau est aussi et avant tout un objet matériel concret, un support donc,  destiné à toutes sortes d’usages ; on parle ainsi de tableau qui encadre une baie de porte, de fenêtre ; on parle de tableau de distribution, de bord, de commande, de contrôle ; de tableau d'une installation téléphonique ou de tableau de clefs ; de tableau de bord , etc. La différence avec la première série de sens citée plus haut est que dans ce cas les tableaux dont il est question sont des objets matériels destinés à des usages spécifiques.  Dans tous les cas le mot tableau continue à comprendre une notion d’organisation et de hiérarchisation non plus de données comme vu plus haut mais d’objets ou de fonctions.

Lorsqu’on parle d’un tableau de classe c’est donc un peu de tout cela que l’on parle. On évoque un support matériel fait de pierre,  de bois,  de métal ou de caoutchouc, de couleur blanche, bleue, verte ou noire. Ce tableau se fabrique, se peint, s’essuie, se nettoie, s’accroche ou se décroche. Il sert à la présentation et à l’organisation de données variées selon les hiérarchies didactiques. On écrit au tableau ces données avec de la craie, un stylo ou par le biais d’un clavier d’ordinateur dans les classes où l’on trouve par exemple les tableaux dits électroniques (lesquels ne différent en rien des premiers dans la mesure où il s’agit toujours d’un support sur lequel on inscrit ou projette des données).

Pourquoi ne peut-on imaginer de classe sans tableau ?  il y a d’abord le fait que la présence du tableau dans la classe limite la dispersion des regards et de l’attention des élèves. Les regards sont focalisés, concentrés. On imagine il est vrai très mal un enseignant dire aux élèves regardez le mur ou le vide  devant vous. (Enseigner en marchant fut une spécialité toutefois de l’école des péripatéticiens, école présocratique).

 Il y a aussi le fait que la concentration et la focalisation de l’attention favorisent le travail didactique  au sens où l’on parle de travail de l’analyse.  En analyse ce travail nécessite la parole du patient et le silence du praticien. (C’est pour partie, le principe de la maïeutique socratique). Dans le mode éducatif, c’est la parole de l’enseignant contre le silence des élèves. (De là à dire que l’instituteur est le patient freudien de ses élèves il n’y a qu’un pas que je m’empresse de franchir). 

 Tout enseignement ne nécessite pas forcément un tableau physique, mais l’enseignement normatif et socialement organisé depuis maintenant plus d’un siècle ne peut se concevoir sans ce type de support.  Dans le rapport de l’enseignant à l’élève le tableau est en quelque sorte le tiers. Le maître communique directement et sur le tableau ; l’élève absorbe les données communiquées par le maître et en déchiffre une partie  sur le tableau. Il y a donc un niveau de communication direct par les mots et la présence et un niveau de communication-indirecte, par le biais de l’écriture au tableau selon le principe romain de verba volens scripta manents. Les paroles s’envolent les écrits restent.  C’est sur le tableau que les élèves lisent une partie des informations transmises et c’est sur le tableau qu’ils sont amenés à en transcrire une partie ou à en rendre compte.

Si l’on s’arrête cependant à ce niveau on n’a pas encore tout saisi du phénomène cognitif qui s’opère dans la relation éducative. En effet, l’on a vu l’étendue des significations et des contextes dans lesquels apparaît le mot tableau.  C’est que dans le mot tableau il y a aussi l’idée d’une modélisation : nous avons besoin d’un tableau pour transcrire des informations pace que d’abord nous concevons les choses sous forme de tableau. C’est d’abord le fait du phénomène bio-génétique  de la vision. Nous voyons toujours les choses dans un cadre prédéfini et limité à 180 degré. Et ce cadre est par définition limité sur ses côtés. Tout tableau par définition modélise un certain type de rapport que nous entretenons naturellement avec le réel. Et si nous percevons le réel dans un cadre, ce cadre nous en héritons aussi.

Physiquement et d’un point de vue pédagogique, depuis des générations nous héritons d’un cadre rectangulaire de2m sur 1m, voire 4m sur un 1m, etc. Conceptuellement notre pensée d’adulte se forme dans les écoles au travers de cadres conceptuels qui nous disent le possible et l’impossible, le concevable et l’inconcevable, le disible et l’in-disible, le dicible et l’indicible, le visible et l’invisible, le pensable et l’impensable, le réalisable et l’irréalisable, etc.

Le cadre physique du tableau modélise de fait ce type de rapport au réel. Ce qui est écrit sur le tableau c’est ce qui a été dit, ce qui n’a pas été écrit sur le tableau a peut être été dit ou ne l’a pas été mais toujours est-il qu’il n’y a pas de traces pour en témoigner (shahada) . Beaucoup de choses sont dites en classe qui ne sont pas forcément écrites sur le tableau et parmi elles il y a certes des éléments non significatifs mais il y a aussi des éléments dont la pertinence ne peut être mise en question. La manière dont l’enseignant est vêtu par exemple est un élément pertinent de la communication éducative mais qui n’est pas écrit au tableau. C’est un non-dit non-écrit, mais c’est tout de même un élément essentiel de l’enseignement que le maître apporte à l’élève, de même la gestuelle, etc.

Nous apprenons aussi bien de ce qui est écrit sur le tableau que de ce qui n’y est pas transcrit, de même que la face cachée de la lune compte autant que celle que l’on voit, de même que la nuit nous parle forcément du jour et la vie de la mort. Voire peut être plus, nous apprenons bien plus de ce qui n’est pas écrit au tableau que de ce qui y est écrit. De manière mathématique pourrait-on dire, seul un faible pourcentage des mots qui ont circulé dans une séance de travail est noté au tableau. De manière équivalente, nous ne percevons directement qu’une faible partie des choses que nous voyons.

 Combien de fois ne nous sommes pas rendu compte que nous sommes passés devant les choses sans les voir ? ou écouté sans entendre ? Ou touché sans sentir ? Ou humé sans sentir ? Ou avalé sans goûter ? Comme si à chaque fois il nous avait manqué une attention, un élément à même de nous amener à percevoir.

Dans la relation pédagogique, il est essentiel de se rappeler que le tableau n’est pas un simple support des discours communiqués, un réceptacle physique de données, mais une modélisation de la nature de notre appréhension du monde. Ce sur quoi porte donc tout enseignement, n’est pas tant un certain type de contenu didactique que le modèle social d’appréhension des données de la réalité tel qu’il est communiqué par l’enseignant, sachant que les contenus du manuel ne sont qu’une infime partie de ce qui fait l’objet de la séance éducative.

 C’est l’ego du maître qui emplit et interagit avec celui  des  élèves dont il devient forcément guide et modèle, ce ne sont pas les équations et les dictées. Le tableau présent dans la classe est d’une part un prétexte, d’autre part une traduction visible pour l’esprit de l’enfant d’un certain type de modélisation de la réalité cognitive. Il n’est donc pas anodin dans l’enseignement qu’un tableau soit noir, bleu, blanc ou vert.



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